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Des tablettes tactiles au service des enfants autistes

<p>Des tablettes tactiles</p>
<p>au service</p>
<p>des enfants autistes</p>

L’apparition des tablettes tactiles a suscité la création de nombreuses applications dédiées aux enfants autistes. Les sites spécialisés en recensent désormais plus de 300, conçues par des éditeurs spécialisés, des associations, des centres de recherche et voire même, comme TapSpeak, par des parents insatisfaits de l’offre d’applications existantes.

Si le traitement ou l’accompagnement des enfants autistes donne lieu à une grande diversité de stratégies, un consensus se dégage autour de l’idée que «la priorité doit être accordée à une prise en charge éducative précoce et adaptée de l’enfant, en relation étroite avec sa famille, lui permettant de s’approprier son environnement et développant ses capacités relationnelles». (Source : Comité consultatif national d'éthique

Depuis plusieurs années, les chercheurs ont observé que les autistes entretenaient une relation «positive» avec les ordinateurs. Depuis la montée en puissance des terminaux tactiles, de nombreux témoignages de professionnels et de parents d’enfants autistes ont confirmé que leur interface intuitive favorisait leur utilisation. Ces tablettes fournissent en effet un support d’activité sur lequel les enfants autistes peuvent concentrer leur attention. Si l’on manque encore de recul scientifique pour évaluer la pertinence du recours aux tablettes, les témoignages de parents et d’éducateurs, évoquent le fait que ces applications aident ces enfants à communiquer avec leurs parents, à apprendre et aussi à devenir plus autonomes.


Des classeurs de communication aux tablettes

Le déficit de langage souvent présent chez les enfants autistes fait de l'acquisition linguistique l’un des problèmes centraux de l'autisme. L’autre grand obstacle à l’autonomie des enfants autistes est lié à leur difficulté à apprendre dans des domaines réclamant des interactions avec d’autres personnes. C’est ce constat qui avait conduit à la conception d’outils traditionnels comme les classeurs de communication, composés d’images de la vie courante et des expressions les plus usitées. Ces supports visuels imprimés devaient permettre aux enfants autistes de communiquer, via ces pictogrammes, avec leur famille et les personnes chargées du suivi thérapeutique, éducatif ou pédagogique. La numérisation de ces classeurs a donné lieu dans un premier temps à la réalisation de logiciels pour ordinateur. La manipulation d’une souris ou d’une manette restait cependant un obstacle, souvent décourageant pour ces enfants.

S’exprimer en construisant des phrases

L’apparition des interfaces tactiles a permis de lever cet obstacle : l’enfant affiche et interagit avec les pictogrammes directement sur l’écran. Ces pictogrammes peuvent être rangés par catégories et leur affichage est plus rapide que la recherche d’une image dans les pages d’un classeur. Chaque pictogramme, image ou photo affiche le nom de l’objet, de l’action ou du concept en toutes lettres. Le logiciel de synthèse vocale permet alors d’entendre les mots ou les phrases sélectionnés. Cela permet à l’enfant d’associer une référence sonore à une image et ainsi de faire évoluer sa communication verbale. L’un des aspects essentiels de ces interfaces vocales est lié au type de voix générées, qui suivant les logiciels de synthèse vocale peuvent être métalliques ou naturelles.

L’application Grace App permet ainsi aux enfants autistes de s’exprimer en construisant des phrases à partir d’images qu’ils sélectionnent. Grace App utilise les images issues du Picture Exchange Communication System, utilisé par des parents et éducateurs d’enfants autistes depuis 1985. Ce type d’application permet d’ajouter de nouvelles images et ouvre ainsi le champ des expressions accessibles aux enfants.

L’application FindMe conçue par des chercheurs de l'Université d'Édimbourg, s’apparente à un jeu : elle consiste à retrouver un personnage sur l'écran dans différentes situations de vie. Les enfants doivent être en mesure de sélectionner le personnage en pointant leur doigt sur l’écran tactile, afin de passer au niveau de difficulté suivant. Au cours du jeu, les enfants doivent composer avec une série d’événements qui les déconcentrent. Ce jeu est conçu pour encourager les enfants à prêter attention aux autres personnes ainsi qu’à leurs besoins. Des versions à venir du jeu se concentreront sur d'autres difficultés liées à l'autisme, comme celle de suivre la direction pointée par le regard d’une personne.

Faire face aux diverses situations de la vie quotidienne

Certaines applications se focalisent plus spécifiquement sur les comportements ou l’apprentissage de compétences sociales. Le site iAutism recense 36 de ces applications qui sont généralement basées sur des présentations multimédias ou des clips vidéo mais ne se rattachent pas nécessairement aux méthodes dites de modélisation vidéo («video self-modeling»).

La fondation néerlandaise Mooiste Contact Fonds a ainsi conçu une application pour smartphone qui permet aux jeunes autistes de faire face à des situations imprévues dans leur vie sociale. Elle leur donne la possibilité de consulter sur leur mobile près de 200 situations sous forme de courtes histoires et leur suggère des manières de réagir ou de s’adapter. Des éducateurs et des bénévoles de la Fondation ont travaillé avec des jeunes autistes à la mise au point de scénarios et surtout à la manière d’y faire face. Ces situations inattendues peuvent survenir à l’école, dans la rue, dans des lieux publics, mais renvoient aussi à des événements sociaux comme un déménagement, une naissance, des funérailles, des élections ou des manifestations. Le site de la Fondation permettra enrichir l’application avec de nouvelles situations et de nouvelles « micro-feuilles de route ». 


Les typologies d’applications dédiées aux enfants autistes

L’accompagnement ou le traitement de l’autisme a suscité une grande diversité d’approches et de méthodes. Le site iAutism recense 335 applications spécifiquement conçues pour les enfants souffrant de troubles du développement. Un tiers de ces applications s’apparente explicitement aux méthodes suivantes : analyse du comportement appliquée (Applied Behavior Analysis ou ABA), Augmentative and alternative communication (AAC), Picture Exchange Communication System (PECS), enseignement par essais discrets (Discrete Trial Teaching ou DTT).

A titre d’exemple, 77 de ces applications relèvent de la communication par l’image, 22 sont orientées vers l’expression et la reconnaissance des émotions (notamment faciales), 36 vers l’apprentissage du comportement social, 35 vers le développement du langage, au travers d’exercices liés au vocabulaire ou à la création de phrases, 33 vers l’orthophonie (avec des exercices de prononciation de phonèmes et la langue parlée en général), 11 vers l’acquisition de la conscience du temps (avec des systèmes de minuterie pour prendre en compte le temps écoulé).

Plusieurs de ces applications permettent d’enregistrer des données afin d’évaluer les progrès accomplis. La grande majorité de ces applications existent pour l’instant en version anglaise. Seule une cinquantaine sont multilingues, dont 10 en français.


Projets en cours de développement

La société Hewlett-Packard a mis en place le projet Hacking Autism qui s’adresse aux développeurs : il leur est proposé de «hacker » l’autisme en consacrant un peu de leur temps à la conception de nouvelles applications. Un Hackaton rassemblait ainsi en octobre 2011 en Californie des experts des troubles liés à l’autisme, des familles touchées et la communauté rassemblée autour de ce projet (Source : ThinkingAutism). 

La Fondation Orange, pour sa part, soutient depuis 2009 le programme Azahar  qui associe des chercheurs de l’Université de Valence en Espagne, des informaticiens, des designers, des psychologues et des éducateurs pour réaliser des outils numériques destinés à améliorer les conditions d'apprentissage et la vie quotidienne des enfants autistes.


Des initiatives en France

Ezooty, une jeune société basée à Lannion dans les Côtes d'Armor, a créé l’application Comooty qui permet aux personnes privées de langage de communiquer. Destinée aux personnes aphasiques, autistes et aux victimes d'un accident vasculaire cérébral (AVC), cette application a été conçue en collaboration avec des orthophonistes et des ergothérapeutes. Cette application propose une collection d’icônes parlantes : «j'ai chaud», «non», «je voudrais me reposer», «je veux regarder un film», «je boirais bien un jus d'orange», «j'ai mal». Les proches peuvent par la suite y ajouter des photos et des phrases que la tablette prononcera quand l’utilisateur cliquera sur l’icône. Il est à noter que la société Ezooty travaille aussi à la mise au point d’un logiciel d'aide au diagnostic de la dyslexie en liaison avec un laboratoire de l'université de Rennes. 

Lors du concours BeMyApp, qui s’est tenu du 2 au 4 décembre à Paris, l’équipe d’Auticiel a reçu le prix du Grand Jury pour son application Autimo. Autimo s’assigne l’objectif d’aider les autistes à reconnaître les émotions des autres personnes au travers d’une série de jeux reposent sur l’identification des expressions du visage (Source : Auticiel). Il est à noter que la la société Auticiel conduit actuellement une enquête auprès des parents et des éducateurs afin de recueillir avis et retours d’expérience sur l’utilisation des nouvelles technologies dans le domaine de l’autisme. 


«Il ne suffit pas de placer une tablette entre les mains d'un enfant atteint d'autisme»


Aux États-Unis, l’apparition d’applications sur tablettes a suscité dès 2009, un vif intérêt, auprès des parents d’enfants autistes. Les sites spécialisés rassemblent ainsi de nombreux témoignages comme celui de la bloggeuse Shanna Rosa qui a donné une large publicité au cas de Leo : «un quasi-miracle pour mon fils». Ces témoignages, souvent agrémentés de vidéos ont aussi été relayés par des grands médias américains, comme le Wall Street Journal («Le jeu sur tablette comme thérapie») ou le New York Times (« L’iPad ouvre un nouveau monde aux jeunes autistes »). En octobre 2011, la chaîne CBS a diffusé une longue enquête aux applications mobiles pour l’autisme (Apps for autism). Plusieurs fondations américaines ont ainsi entrepris de fournir des tablettes aux familles qui n’avaient pas les moyens d’en faire l’acquisition.


Dans les colonnes du magazine Wired, le chercheur australien Daniel Donahoo tempère cependant l’enthousiasme lié à l’usage des tablettes pour les autistes. «Les iPads ne sont pas un miracle pour les enfants autistes. Avec tout ce bruit médiatique, les familles qui ne peuvent offrir une tablette à leurs enfants doivent ressentir de la peine. Cependant ces vidéos et ces témoignages ne présentent pas une vue globale de la manière dont un iPad peut contribuer au développement de ces enfants. Les premières recherches sur l’usage des tablettes par les enfants sont prometteuses, ces tablettes constituent en effet les appareils de communication améliorée et alternative (AAC) les moins chers que professionnels et parents aient vus jusqu’ici. Ceci dit, il n’y a pas d’appareil-miracle. Il ne suffit pas de placer une tablette entre les mains d'un enfant atteint d'autisme…. Ces appareils sont souvent utilisés pour ce que les professionnels appellent la stimulation, ou bien comme une baby-sitter. Pourquoi pas ? Nous avons tous besoin de décrocher, et il n’y a aucune raison d’empêcher un enfant de jouer et de se détendre. Une tablette ne remplace toutefois pas la nécessité pour les enfants autistes de s'engager dans un large éventail de thérapies qui les soutiennent dans leur développement. Tout dépendra de la manière dont elles sont utilisées, en tenant compte de l’enfant et de sa trajectoire de développement. Une liste des 10 meilleures applications pour l’autisme n’a pas de sens» (Wired Magazine).

 

Sites consacrés aux applications dans le domaine de l’autisme :

iAutism 
AutismSpeaks 
AutismPluggedIn 
Snapps4Kids 
Apps4Autism 

Voir aussi :

Comité consultatif national d'éthique «Sur la situation en France des personnes, enfants et adultes, atteintes d’autisme»
Un jeu sur tablette pour enfants autistes
Une application pour les personnes privées de langage
Un bracelet connecté au mobile pour mesurer le niveau de stress
L
e mobile permet aux jeunes autistes de s’exprimer en construisant des phrases (Irlande)
Le mobile au service des jeunes autistes aux Pays-Bas

 

Crédit photo : Corbis images