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Technologies mobiles et gestion des ressources en eau potable

<p>Technologies mobiles</p>
<p>et gestion des ressources</p>
<p>en eau potable </p>


6 milliards d’êtres humains disposent désormais d’un téléphone portable et le taux d’équipement mobile continue de progresser. Ainsi, en Afrique, l’usage du téléphone mobile est désormais plus répandu que l’accès à une ressource en eau potable. Cependant, 800 millions de personnes n’ont pas d’accès à l'eau potable et 2 milliards dépendent au quotidien de l’eau d’un puits.

Désormais, les ONG et les gouvernements utilisent les technologies mobiles pour garantir la fiabilité mais aussi la qualité de l’approvisionnement en eau. Les technologies mobiles (SMS, applications mobiles, géolocalisation, capteurs, objets connectés) sont ainsi mises à contribution pour connaître les réserves, surveiller l’état des infrastructures, coordonner les réparations, évaluer la qualité de l’eau ou détecter des contaminations.


Connaissance et cartographie des ressources en eau

La généralisation des téléphones mobiles permet ainsi à moindre coût de recenser les points d’eau ou de connaître l'état des infrastructures de distribution. En Ouganda, le projet Mobile Telephones for Improved Safe Water Access (M4W) organise le recueil par SMS d’informations sur l’état de 15 000 points d'eau : puits de surface, forages profonds, sources et fontaines publiques. Chacun de ces points d’eau est doté d’un numéro d'identification unique. Les habitants peuvent adresser un SMS pour signaler un problème en utilisant cet identifiant. Les données ainsi recueillies facilitent la programmation les interventions des techniciens. 

Au cours de la dernière décennie, 30 à 45 % des pompes installées par les Nations unies et les organisations humanitaires ont été détériorées Or, le plus souvent, les pannes de ces pompes sont signalées avec retard. Les ONG Water for People et Akvo  ont conçu l’application mobile Flow Akvo qui permet aux associations et aux habitants d’inventorier les pompes et d’évaluer leur état de fonctionnement. 
Les volontaires sont invités à prendre une photographie de l’installation associée à sa géolocalisation et à un questionnaire d’évaluation. Flow Akvo fonctionne sous Android, mais une version simplifiée pour téléphones mobiles traditionnels permet d’effectuer un rapport par SMS. Les données transmises sont reportées sur une carte publique afin de permettre à d’autres organisations d’intervenir. L’application est utilisée dans 17 pays en Afrique, Asie, Amérique centrale et Amérique du Sud depuis 2010. En 2011, le gouvernement libérien a utilisé Flow Akvo pour cartographier 10 000 points d'eau.

Au Sénégal, la société Manobi a mis au point l’application mWater qui permet aux autorités et aux gestionnaires locaux de partager, par SMS, des informations sur les ressources en eau et les interruptions de service. Le service est utilisé par 240 communautés de gestion de l’eau en Afrique de l’Ouest (Sénégal, Mali, Bénin, Niger). 

Pompes et points d’eau connectés

L’ONG Mobile Water for development (MW4D) a équipé des pompes manuelles de capteurs connectés qui détectent les défaillances tout en surveillant la consommation d’eau. En cas de problème, un SMS est envoyé automatiquement à une équipe de techniciens. Ces données permettent aussi de suivre les fluctuations des niveaux d’eau et de connaître les stocks dans des régions sujettes à la sécheresse. Ce dispositif est déployé dans 70 villages au Kenya (Source : MW4D).

L’industriel danois Grundfos a pour sa part conçu un système d’adduction d’eau qui associe des pompes alimentées en énergie par des panneaux solaires, une surveillance à distance et un système de paiement sur mobile. Le choix des panneaux solaires permet de réduire le nombre de pannes. L’eau est ensuite distribuée par des bornes-fontaines. L’opérateur mobile Safaricom a aussi mis au point des cartes d’accès (Smart Card) reliées au compte mobile des habitants. Les habitants doivent introduire leur carte d’accès dans l’une des bornes-fontaines. Le montant correspondant à la consommation d’eau est alors débité par Safaricom pour alimenter le compte bancaire de la communauté. Les fonds collectés servent à rembourser le prêt pour l’installation du système, la maintenance de l’équipement et les services de Safaricom. En trois ans, l’industriel a mis en place des pompes qui permettent d’approvisionner 100 000 Kényans en eau potable.

La problématique de l’entretien des pompes manuelles est à l’origine, en Inde, de la création des centres participatifs Panchayat. Plus de la moitié des pompes des villages en Inde sont en effet hors d'usage en raison d'une pénurie de mécaniciens. Les centres Panchayat utilisent le mobile pour superviser l’ensemble des opérations d’entretien et de réparation. Les mobiles permettent de transmettre les informations relatives à l’état des pompes, à l’ampleur des pannes, à la nature des pièces nécessaires et à la coordination des réparations. Entre janvier 2011 et mars 2012, plus de 4500 pompes desservant environ 338 000 personnes ont ainsi été réparées (Source : Trust.org).


Microscopes et objets connectés pour analyser la qualité de l’eau

Les maladies hydriques sont la cause de près de 2 millions de décès par an dans le monde. Dans les pays en développement, la dégradation de la qualité de l'eau peut être causée par des défauts d'hygiène ou par les conséquences de catastrophes naturelles. Tester la qualité de l'eau a longtemps nécessité des équipements coûteux : les échantillons d'eau devaient en effet être envoyés à des laboratoires distants. Dans le cadre du programme international Aquatest (Low cost water test for developing countries),  coordonné par l'Université de Bristol, une équipe a mis au point des kits de tests bon marché, utilisables sans électricité et facilement transportables sur les sites des catastrophes naturelles.

Dans le cadre de ce programme, une équipe sud-africaine a développé l’application Water Quality Reporter qui permet aux travailleurs sociaux de transmettre les résultats d'analyse de la qualité de l'eau, y compris par SMS, vers des unités de contrôle qui disposent ainsi d’une cartographie des sources de contamination microbiologique de l'eau destinée à la consommation des ménages (Source : Commission Européenne).

Des chercheurs de l’Université de Californie (UCLA) ont aussi récemment mis au point un capteur spécifiquement couplé au smartphone afin de déceler la présence de bactérie Escherichia coli dans l'eau et dans les aliments. Les chercheurs ont assemblé des tubes capillaires en verre munis d’anticorps spécifiques et des LED utilisées dans l’imagerie médicale. Une lentille glissée entre l’appareil photo et le tube transforme alors le smartphone en un microscope à fluorescence, capable de détecter la présence de la bactérie dans l'échantillon prélevé (Source : Université de Californie-UCLA). Dans la même université une autre équipe de recherche a entrepris de transformer un smartphone en microscope médical pour déceler la présence de parasites dans l'eau.

Un concours d’applications mobiles sur la gestion de l’eau dans le monde

Le programme « Eau et assainissement » de la Banque Mondiale a organisé en 2011 un concours mondial d’applications mobiles sur le thème de la gestion de l’eau. La Banque Mondiale souhaitait donner aux développeurs des pays concernés l'occasion de contribuer à « la résolution d'un problème critique de développement qui ne relève pas de leur sphère de travail habituelle ». 113 problèmes à résoudre avaient ainsi préalablement identifié et formalisé avec des experts de la Banque mondiale et des spécialistes de l’eau (gouvernements, ONG, professionnels). 60 applications prototypes ont été développées en réponse aux 113 défis.
 

Dans les pays développés aussi

Parallèlement aux initiatives menées dans les pays émergents, les technologies mobiles commencent à être utilisées pour cartographier les ressources en eau dans les pays développés. En Californie, chaque citoyen peut, avec l’application Creek Watch, recueillir des informations sur les ressources en eau : puits, rivières et lacs. L’utilisateur prend une photo géolocalisée d’un point d’eau : l’application lui pose alors des questions sur le niveau d’eau, les courants ou la présence de détritus. Ces observations sont transmises aux autorités sanitaires et sont visualisables sur une carte. 


En Australie, le Bureau de Météorologie a conçu l’application mobile Water Storage pour connaître les capacités d’approvisionnement en eau du pays. 250 points de stockage d’eau font l’objet de mesures quotidiennes. Les Australiens peuvent ajuster leur consommation en fonction de l’évolution des niveaux de réserve d’eau disponible
 

 

Voir aussi:

Banque mondiale : concours d’applications mobiles sur la gestion de l’eau dans le monde

Cartographie sur mobile des fontaines publiques et des points d’eau potable

Surveillance des réserves d’eau sur mobile en Australie

Une application mobile collaborative pour cartographier les pompes à eau défectueuses dans le monde

Mobiles et puces RFID pour la gestion de l’eau en Haïti

Surveillance collaborative de la qualité de l’eau en Californie

Un smartphone transformé en microscope médical portable

Informations géolocalisées sur le prix et la qualité de l’eau