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Innovation


Open source et plateformes mobiles

<p>Open source</p>
<p>et</p>
<p>plateformes mobiles</p>

Apparus sur les ordinateurs personnels il y a plus de 20 ans, les logiciels libres ont depuis quelques années largement investi l’univers des mobiles. Ils sont en particulier présents dans les éléments les plus essentiels des smartphones : leurs systèmes d’exploitation. En effet, les systèmes d’exploitation mobiles sont devenus des éléments stratégiques dans le développement des nouveaux services de l’Internet et des nouvelles générations d’objets connectés. Leur rapidité d’exécution conditionne pour une large part l’ergonomie des plateformes mobiles, cruciale pour leur succès.

Le fait de s’appuyer sur une large communauté de développeurs constitue un levier dans la stratégie de développement des plateformes mobiles. L’évolutivité des systèmes d’exploitation, leur capacité à intégrer de nouvelles fonctions ou de s’interfacer avec d’autres objets connectés, sont des facteurs essentiels pour les acteurs de l’Internet mobile. À l’inverse, la libération du code constitue parfois une solution de dernier recours lorsqu’un acteur industriel ne parvient plus à maintenir son OS mobile au même niveau de performance que ses concurrents.

Parmi les 8 principaux systèmes d’exploitation mobiles, 4 sont aujourd’hui propriétaires (iOS, BlackBerry OS, Windows Phone et Bada) et 4 ont été conçus (ou sont devenus) open source : Symbian, Tizen, Android et webOS. Par ailleurs, la fondation Mozilla qui développe le navigateur Firefox travaille aussi à la mise au point d’un système d'exploitation pour terminaux mobiles. Enfin, l’éditeur de la distribution Linux Ubuntu (Canonical), a annoncé une déclinaison mobile de Linux qui devrait être disponible en 2014.

L’adoption d’une démarche open source dans l’univers des OS mobiles répond à deux objectifs complémentaires. Le premier, classique dans le monde du logiciel, consiste à attirer des développeurs, à créer une communauté pour faire appel à sa créativité. Le second objectif consiste à fédérer, autour d’un socle logiciel commun, des fabricants de terminaux, des opérateurs de téléphonie mobile et des fabricants d’appareils électroniques.


Android : l’ouverture contrôlée

Lors du lancement en 2007 de son OS mobile Android dérivé de Linux, Google a fait le choix d’ouvrir son code aux développeurs et de le placer sous licence Apache. Google avait alors réuni 34 partenaires au sein de l'Open Handset Alliance. Afin de susciter la création d’un nombre critique d’applications pour alimenter son Android Market, Google avait aussi alloué aux développeurs une prime globale de 10 millions de dollars dans le cadre de l'Android Developer Challenge, qui depuis a été reconduit chaque année . Cependant, des critiques ont souvent été émises sur les conditions dans lesquelles Google a mis le code d’Android à disposition des développeurs et des fabricants. Ces critiques portaient sur la mise à disposition différée du code et sur le fait d’en réserver l’accès aux seuls partenaires industriels de Google. Les conditions de modification du code d'Android restent aussi très strictes, elles interdisent aux développeurs de reproduire leurs travaux sur d'autres environnements. Les fabricants de smartphones sont eux aussi soumis à des exigences strictes lorsqu’ils souhaitent utiliser la marque Android (Source : Clubic). 

La stabilité (et l’unicité) de la plateforme est un argument clé pour fédérer un écosystème de développeurs. En effet, l’un des risques auxquels est confrontée la plateforme Android est lié à la fragmentation du système et des terminaux. Plusieurs sociétés ont déjà commencé à développer leurs propres versions (embranchement ou fork). C’est en particulier le cas en Asie de l’opérateur China Mobile ou du moteur de recherche Baidu. (Source : Slashgear). D’autres types de terminaux mobiles commencent déjà à être équipés avec des versions spécifiques d’Android. Ainsi, la liseuse mise au point conjointement par Nook Color et Barnes & Noble repose sur Android, comme le Kindle d’Amazon (Source : Silicon.fr). C’est d’ailleurs pour limiter cette fragmentation que Google a souhaité que la prochaine 4e version de son système (intitulée Ice Cream Sandwich) soit commune aux smartphones et aux tablettes fonctionnant sous Android.


Symbian : vers une extinction programmée

Symbian est l’héritier du système qui équipait à la fin des années quatre-vingt-dix les organiseurs (PDA) Psion. Ce système a été bâti par un consortium rassemblant les constructeurs Psion, Nokia, Motorola, Ericsson et Panasonic. À la suite du rachat de Symbian par Nokia en 2008, la firme décida d’en ouvrir le code. Cependant ce système peu adapté aux nouvelles générations de smartphones n’a jamais réussi à séduire une large communauté de développeurs. Pour équiper ses smartphones Nokia s’est lancé par la suite dans le développement de Maemo, puis de MeeGo, avant de conclure plus récemment une alliance avec Microsoft pour équiper ses mobiles avec le système Windows Phone. Nokia a finalement cédé à Accenture les activités de développement de Symbian mais a annoncé que ce système continuerait à être supporté jusqu'en 2016. Une mise à jour de Symbian est cependant prévue en février 2012. Celle-ci devrait intégrer la prise en charge des technologies NFC (Near Field Communication) pour le paiement sans contact, et la personnalisation de l'interface utilisateur (page d'accueil, widgets, etc.).


Tizen : un OS pour l’Internet des objets

Le projet Tizen prend le relais du projet MeeGo porté par les sociétés Intel et Nokia. À la suite de l’accord conclu en février 2011 entre Nokia et Microsoft sur le système Windows Phone, les sociétés Intel et Samsung ont décidé de maintenir et développer MeeGo, par la suite rebaptisé Tizen. Le cadre d'applications de Tizen est principalement basé sur HTML5 ainsi que sur d'autres standards du Web. La première version a été annoncée pour le premier trimestre 2012 et sera compatible avec les applications MeeGo existantes. Tizen bénéficie aussi du soutien des opérateurs NTT DoCoMo, Orange, SK Telecom, Telefonica, Vodafone et des constructeurs Panasonic et NEC (Source : Tizen).


Bada : l’ouverture du code à l’étude

Samsung qui a adopté une approche « multisystèmes » avec des terminaux sous Android et Windows Phone a aussi développé son propre système : Bada, lui aussi basé sur un noyau Linux.  Une version 2.0 de Bada est disponible pour les développeurs depuis août 2011. Bada 2.0 supporte la technologie NFC, la reconnaissance vocale, le WiFi Direct (un protocole de transfert de données d’appareil à appareil concurrent du Bluetooth). Bada 2.0 devrait aussi supporter le système de navigation par satellite russe Glonass. Selon le Wall Street Journal, Samsung aurait envisagé de rendre Bada open source d'ici 2012, pour y associer d’autres acteurs et en élargir le champ d’application vers d’autres appareils (notamment pour les télévisions connectées). Samsung a annoncé, son intention de fusionner Bada et Tizen:  le nouveau systéme d'exploitation qui en résultera sera compatible avec les applications déjà développées pour Bada. 


webOS : le libre comme dernier recours

WebOS est issu du système d’exploitation Palm OS, mis au point par Palm, le fabricant d’assistants personnels (PDA), racheté en 2010 par la société Hewlett-Packard. Lors du rachat de Palm, HP avait annoncé que webOS équiperait ses futures tablettes, smartphones et imprimantes. Après l’échec commercial de sa tablette TouchPad et faute de repreneur, HP a annoncé fin 2011 l’ouverture des codes sources du projet webOS et sa distribution en logiciel libre. 600 développeurs de la société restent affectés à l’amélioration de l’OS dont le devenir reste cependant incertain. (Source : New York Times).


Mozilla : le pari des applications HTML5

La fondation Mozilla, qui développe le navigateur Firefox, a désormais lancé un projet de système d'exploitation pour terminaux mobiles. Son objectif est de mettre fin aux difficultés liées à la fragmentation des plateformes. En effet les développeurs doivent souvent développer autant de versions de leurs applications que d'OS mobiles (voire plus lorsque les configurations d’écrans ou des touches de fonctions diffèrent au sein d’un même système). Le système d’exploitation de la fondation Mozilla devrait ainsi être entièrement libre et gratuit. Certains éléments du système pourraient être issus d’Android et il devrait tirer profit des améliorations autorisées par le langage HTML5 (cf dossier). L’objectif est de permettre à terme de faire fonctionner via le navigateur des applications aussi performantes que celles développées de manière native sur les systèmes iOS ou Android (Source : Ars Technica)


Ubuntu : Linux du PC aux mobiles

Canonical, l’éditeur de la distribution Linux Ubuntu souhaite que celle-ci soit disponible pour tous les écrans et appareils connectés. La version 14.04 de l'OS, prévue pour 2014, devrait intégrer cette approche multi-terminaux. Ubuntu se retrouvera alors en concurrence avec Tizen, aussi soutenu par la Fondation Linux. Ubuntu figure parmi les cinq logiciels Linux certifiés par Genivi (voir plus loin) pour l’intégration de terminaux mobiles à bord des automobiles (Source : Magit). 


Genivi : un OS open source au cœur des automobiles

Au travers de Genivi, les industriels de l’automobile ont entrepris de mutualiser le développement d’une plateforme logicielle commune pour intégrer les fonctions informatiques embarquées. En effet, il est devenu de plus en plus difficile pour un constructeur automobile, quelle que soit sa taille, de développer seul l’environnement logiciel des équipements connectés à bord de ses véhicules, et de maintenir cet environnement sur la durée. Les sociétés BMW, General Motors, Nissan, PSA, Renault et Hyundai ont ainsi décidé en 2009 de fédérer leurs efforts, avec ceux de grands acteurs de l’électronique (Intel, Nokia, Samsung) et des principaux équipementiers, au sein du consortium Genivi. Depuis sa fondation, Genivi a accueilli plus de 100 membres. Dès le départ, les fondateurs de Genivi avaient souhaité que cette plateforme soit standardisée, open source et basée sur Linux. Les membres de Genivi avaient, dans un premier temps, retenu MeeGo comme socle pour l’ensemble de leurs travaux. (Source : ZDNet) Après l’abandon de MeeGo par Nokia, ils se sont tournés vers Tizen, tout en certifiant quatre autres distributions Linux : Ubuntu (Canonical), Mentor Graphics, Montavista and Wind River. (Source : EETimes


Webinos : un OS européen pour les objets connectés

Le projet conduit par le consortium européen webinos (Secure WebOS Application Environment) vise à mettre au point vient une plateforme universelle, compatible avec divers types de terminaux : mobiles, PC, tablettes, TV interactive ou encore les ordinateurs embarqués des automobiles. WebinOs a déjà rendu publiques 27 de ses interfaces de programmation (API) : certaines s’appuient sur les spécifications du W3C alors que d’autres, plus nouvelles, portent sur la télévision, les puces NFC et les différents types de capteurs. Ce consortium est piloté par l'institut allemand Fraunhofer. Cofinancé par l'Union européenne (à hauteur de 10 millions d'euros), des industriels (BMW, Sony Ericsson, Samsung Electronics) et des opérateurs (Telefonica, Deutsche Telekom, Telecom Italia, DoCoMo), le projet est basé sur des logiciels open source et s’appuie sur les standards du W3C (World Wide Web Consortium). (Source : Cordis-Commission Européenne).
 

 

Sources :

Wikipédia : Système d'exploitation mobile

La Tribune : Les mobiles, nouveau terrain d'expansion du logiciel libre

There Is No Such Thing as Android, Only Android-Compatible
 


Voir aussi :

La fondation Mozilla proposera bientôt un système d'exploitation pour terminaux mobiles

Webinos : un projet européen de développement d’applications mobiles multiplateformes

Automobiles et technologies «open hardware»

 

Crédit photo : iStock Photo, Rellas