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Villes intelligentes : vers la géolocalisation en temps réel des places de stationnement

<p>Vers la  géolocalisation</p>
<p>en temps réel des places</p>
<p>de stationnement</p>


70 millions d'heures seraient perdues chaque année en France pour la recherche d'une place de stationnement. Le surcroît de circulation urbaine engendré par les véhicules en recherche de stationnement se situerait en moyenne entre 5 et 10 % et atteindrait même 30 % dans certaines villes. Ce phénomène correspondrait à une « surdépense » d’environ 600 millions d'euros par an. De plus, chaque recherche d'emplacement pour se garer engendre une émission de 1,3 kilogramme de CO2, des nuisances sonores et la propagation de particules fines. 

L’information en temps réel sur les places disponibles sur la voirie ou dans les parkings a été à l’origine de nombreuses initiatives. La première génération de systèmes de stationnement intelligent reposait sur le déploiement de capteurs sans fil, eux-mêmes reliés à des applications mobiles. Plusieurs start-ups explorent de nouvelles approches pour éviter l’installation - coûteuse - de capteurs : caméras, radars et analyse prédictive.

Des capteurs au sol ou intégrés dans les horodateurs

Les capteurs, au sol ou intégrés aux horodateurs, permettent de déterminer si un emplacement est occupé ou non par un véhicule. Après centralisation, l’usager obtient une vue d'ensemble de la disponibilité sur un quartier ou un îlot. L'information est déclinée sur des applications pour smartphones permettant à l'usager de localiser la place de stationnement la plus proche.

Les villes de San Francisco et Los Angeles ont été pionnières dans ces domaines. San Francisco a déployé la solution de la société StreetSmart Technology sur 7000 horodateurs. L’expérimentation est aussi financée à hauteur de 15 millions de dollars par des fonds fédéraux. L’autorité de transport de la ville a ainsi ouvert une API (interface de programmation) qui permet aux développeurs de récupérer gratuitement les flux de données concernant les disponibilités et les variations de tarifs. La ville de Los Angeles a, pour sa part, équipé 6000 places de stationnement de capteurs fournis par la société StreetLine. Cette société partage les données des capteurs avec la ville, et quand une voiture dépasse un délai de 120 minutes, un agent est envoyé vers cette place de parking, ce qui économise considérablement les ressources de la ville qui n’ont plus besoin de patrouiller dans les rues. Le New York Times, mentionne, à l’occasion de ces deux expérimentations, l’existence d’une « courbe d’apprentissage du stationnement intelligent » pour les conducteurs mais aussi pour les autorités locales. 

La centralisation des données recueillies par les capteurs permet en effet d’envisager une tarification dynamique du stationnement, le prix de l’heure augmentant ou diminuant en fonction de la demande. La société Streetline a conclu un accord avec l’équipementier Cisco pour étendre sa couverture en exploitant ses points d’accès Wi-Fi. Cette expérimentation a reçu 25 millions de dollars de la banque Citi pour déployer sa technologie dans d’autres villes américaines.

La start-up espagnole Worldsensing (à l’origine du système Fastprk, lui aussi à base de capteurs) et la start-up toulousaine Sigfox (à l’origine d’une technologie de connectivité à bas débit) ont convaincu la ville de Moscou de déployer 11 000 capteurs (qui s’ajoutent aux 4 000 déjà déployés). L’utilisation du réseau de Sigfox permet de réduire le coût des capteurs. Alors que les connectés en Wifi ou par GSM ou en 3G consomment de l’énergie pour maintenir une communication plus ou moins constante entre le réseau, l’utilisation de bandes de fréquence de longue portée permet à Sigfox de réduire le coût des capteurs : équipés de batteries et dotés d’une autonomie de plusieurs années, ils ne requièrent aucun branchement électrique ni connexion internet. La ville de Barcelone teste actuellement ce système.

Détection par des caméras

Streetline et Cisco (déjà associés pour le déploiement d’un système à base de capteurs) travaillent à l’utilisation d’une solution à base de caméras qui détecteraient l’arrivée ou le départ de véhicules, quel que soit l’endroit ou ils stationnent. Alors que les capteurs sont efficaces pour détecter les véhicules dans les zones explicitement destinées au stationnement (avec des emplacements fixes et strictement délimités), cette solution serait adaptée pour des zones de stationnement ou déchargement libres (qui autorisent le conducteur à choisir l’emplacement ou l’angle qui lui convient).

La start-up italienne Park Smart SRL, de con côté, a entrepris de tirer parti des réseaux existants de vidéo-surveillance pour repérer les emplacements libres. Un logiciel analyse le flux vidéo de caméras qui surveillent plusieurs emplacements, dans une rue ou un parking. Ce système figure parmi les 6 innovations retenues par EDF dans le cadre du concours EDF Pulse

Des radars installés dans les réverbères

Des chercheurs de Siemens travaillent à la mise au point d’un système de radars installés dans les réverbères qui surveilleraient la rue et distingueraient les places libres de celles qui sont déjà occupées. À la manière d'une torche électrique, chaque capteur scanne un espace d'environ 15 mètres, soit l'équivalent de sept voitures. En outre, le système pourrait détecter et signaler les véhicules stationnés en double file ou d'éventuels obstacles sur les voies cyclables.

Partage d’informations entre conducteurs : l’approche communautaire

Une autre option réside dans le partage d’informations entre conducteurs. Toute une série d’applications (Parktag, KurbKarma, ParXit, CurbNinja) permettent ainsi aux conducteurs de signaler une place qu’ils libèrent, pour peu qu’ils utilisent la même application.

Cette approche « communautaire » est explorée en France par la start-up Apila http://www.apila.fr/ Pour être en mesure de recevoir l’information, l’automobiliste doit se trouver à moins de 500 m de la place qui se libère. À chaque demande, une requête est envoyée au membre encore stationné. S'il accepte, il s'engage à attendre l'automobiliste jusqu'à son arrivée et ainsi lui libérer la place. L’application Apila établit un itinéraire qui conduit l'automobiliste jusqu'à sa place de stationnement. Cette application fait désormais partie du bouquet d’applications mobiles proposé par Renault sur sa tablette connectée R-Link, qui équipe certains modèles du constructeur.

L’application de la start-up israélienne Parko analyse elle aussi les données communiquées par les conducteurs pour établir une carte en temps réel des emplacements disponibles pour chaque rue : elle y a ajouté un algorithme prédictif qui analyse les habitudes des conducteurs et colorie les rues en rouge, orange ou vert, selon la probabilité d’y trouver un stationnement à un moment donné. Parko a rencontré l’intérêt d’investisseurs qui y ont injecté un million de dollars en juin 2014.

Analyse prédictive

Comme souvent, l’approche par l’analyse prédictive permet de renverser les termes du problème. La démarche ne consiste plus à détecter les emplacements libres (via des capteurs ou à l’initiative des conducteurs eux-mêmes) mais à anticiper le moment où des places vont se libérer.

Cette démarche avait été amorcée par des chercheurs de l’université de New York. Le prototype qu’ils avaient mis au point, PocketParker, agrège les données issues de l’accéléromètre des smartphones des conducteurs pour analyser les mouvements des autres voitures et leur vitesse de déplacement dans une zone. Si une automobile avance très lentement, PocketParker en déduit que l’automobiliste cherche ou attend une place et caractérise la zone comme dépourvue de places libres. A contrario, si une voiture à l’arrêt se met en marche, accélère et s’éloigne de la zone, elle en déduit qu’une place vient de se libérer. En projetant ces données sur une carte OpenStreetMap, PocketParker serait alors capable d’indiquer avec précision où trouver une place de stationnement.

Spécialiste des solutions de gestion du stationnement (43 000 horodateurs dans 800 villes françaises), la société Parkeon a lancé en 2013 l’application Path to Park. Selon son concepteur, « l’approche ne consiste pas simplement à observer la situation mais à essayer d’en comprendre les causes et les paramètres qui affectent le stationnement pour le prédire. L’objectif n'est pas de savoir si une place individuellement est libre ou occupée mais de savoir, sur un segment d'une certaine longueur, la probabilité qu'une des places présentes sur ce segment soit libre ».

Path to Park exploite les données issues de trois canaux : les tickets des automobilistes provenant des horodateurs pour déterminer à quelle heure une rue est saturée, les données trafic fournies en open data par les collectivités et les horaires et localisations des marchés sur la voie publique. Ces données permettent de prédire les emplacements libres plusieurs heures à l’avance mais aussi de calculer en temps réel la pression de stationnement dans la zone où le conducteur souhaite se garer. Elle propose une liste de places libres dans cette zone et l’itinéraire le moins congestionné pour s’y rendre. L’application couvre actuellement l’essentiel des parkings souterrains dans le monde. Pour les places en voirie, elle est actuellement testée à Issy les Moulineaux. Elle sera lancée à Paris et sa petite couronne (au total plus de 120 communes) en avril 2015. Parkeon vise 80 000 utilisateurs à la fin du premier semestre 2015.

Deux start-ups israéliennes, Anagog et ParkLife, explorent des approches de même nature.
 

Voir aussi :

Vers la géolocalisation des places de stationnement sans capteurs sur la voie publique

Dossier : les technologies mobiles au service du stationnement

Le stationnement intelligent : Panorama des services d'information à l'usager (CERTU)

Échange de places de stationnement sur mobile

Recherche et échange de places de stationnement sur mobile

NFC et paiement de stationnement sur mobile à San Francisco

Échange de places de stationnement sur mobile

Paiement sur mobile et alerte SMS pour le stationnement automobile

Gestion dynamique des places de stationnement

Trouver et régler sa place de stationnement sur mobile : Toulouse, Issy les Moulineaux, Nice…